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Cyberattaque des frigos de supermarchés : ce que PME et communes doivent retenir

on octobre 14, 2026

Cyberattaque des frigos de supermarchés : ce que PME et communes doivent retenir

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris la main à distance sur la régulation frigorifique de centaines de supermarchés français. Derrière ce sabotage spectaculaire, une faiblesse banale : des automates laissés en accès libre sur Internet. Caméras, alarmes et équipements techniques des PME et des collectivités sont exposés au même risque.

Lundi matin, de nombreux magasins ont découvert des vitrines et des congélateurs anormalement chauds. Pendant la nuit, les attaquants avaient déclenché à distance un dégivrage forcé, en poussant la consigne jusqu’à 50 °C. Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à l’Office anticybercriminalité (OFAC), et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a été saisie du dossier. À ce stade, l’attaque n’a pas été revendiquée.

Caméra de vidéoprotection connectée : un équipement à sécuriser après la cyberattaque des frigos de supermarchés

Une nuit de dégivrage forcé dans des centaines de magasins

Près de 300 points de vente Intermarché et Netto ont été touchés, ainsi que 80 supermarchés Carrefour, des magasins U, une partie du parc Monoprix et plusieurs E.Leclerc.

Aucune donnée n’a été dérobée. Le préjudice est avant tout matériel : chaîne du froid rompue, produits frais et surgelés détruits, rayons vidés. Le patron de Coopérative U évoque quelques dizaines de milliers d’euros de pertes pour un petit magasin, et jusqu’à 200 000 euros pour un hypermarché.

Des contrôleurs frigorifiques exposés sur Internet

Au cœur de l’attaque, on retrouve les systèmes de supervision du froid du constructeur danois Danfoss, notamment les gestionnaires centraux de la gamme AK-SM 800. Ces boîtiers pilotent tous les meubles froids d’un magasin et sont souvent joignables directement depuis Internet, pour faciliter le travail des frigoristes.

Des failles documentées depuis 2023

Pour les spécialistes, l’opération n’a rien d’une prouesse technique. Les chercheurs de Synacktiv avaient repéré une vulnérabilité sur ces équipements lors d’un audit mené en 2023 dans la grande distribution, puis l’avaient signalée au fabricant. En août 2025, l’éditeur Claroty a publié d’autres failles visant l’AK-SM 800A, dont une permettant de contourner l’écran de connexion de l’interface web, même avec un mot de passe robuste. Aucun lien formel n’est établi à ce jour entre ces failles et l’attaque.

Un parc vieillissant, rarement mis à jour

Selon Danfoss, la majorité des unités touchées sont anciennes et ne reçoivent plus de correctifs : l’AK-SM 800 est en fin de vie depuis 2021. D’autres modèles, toujours suivis, fonctionnaient avec un micrologiciel jamais actualisé. Au lendemain de l’attaque, un recensement publié en ligne comptait encore plus de 2 700 systèmes Danfoss visibles sur Internet.

Un risque qui dépasse largement la grande distribution

Cette affaire relève de la sécurité de l’OT, ces technologies opérationnelles qui commandent des équipements physiques. Installées par un prestataire et administrées à distance, elles échappent souvent au service informatique et tournent des années sans mise à jour. Or les PME et les collectivités en sont truffées.

Au-delà du sabotage, un boîtier mal protégé branché sur le réseau des postes de travail peut devenir une porte d’entrée vers tout le système d’information. Et les experts le rappellent : d’autres marques d’automates présentent des faiblesses comparables.

Cybersécurité des équipements connectés : les réflexes à adopter

Les recommandations de l’ANSSI et des chercheurs valent pour toutes les structures, de la PME à la commune rurale.

1. Recenser tout ce qui est connecté

Modèle, version du micrologiciel, date de fin de support, prestataire chargé de la maintenance : sans inventaire, impossible de savoir ce qui est exposé.

2. Retirer les interfaces d’Internet

C’est la consigne martelée par Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI : déconnecter ces systèmes d’Internet, ou n’autoriser que des connexions strictement filtrées. La télémaintenance doit passer par un VPN ou un accès dédié, jamais par une page web ouverte.

3. Durcir les accès

Fin des mots de passe par défaut, comptes nominatifs par intervenant, double authentification si possible et traçabilité des connexions des prestataires.

4. Mettre à jour… ou remplacer

Un équipement qui ne reçoit plus de correctifs doit être isolé, puis remplacé. Le CERT-FR prévient : une simple remise aux paramètres d’usine ne suffit pas, l’appareil restant vulnérable.

5. Cloisonner le réseau et clarifier les contrats

Caméras, alarmes et automatismes doivent fonctionner sur un réseau d’entreprise segmenté, séparé de la bureautique. Côté contrats, fixez noir sur blanc qui surveille les failles, qui applique les correctifs et dans quel délai. Les communes peuvent s’appuyer sur une offre de cybersécurité pour les collectivités, les entreprises sur un accompagnement en sécurité informatique.

Conclusion

La cyberattaque des frigos de supermarchés n’a volé aucune donnée, mais elle rappelle une règle de base : tout équipement joignable depuis Internet peut être piloté par quelqu’un d’autre. Le Cyber Resilience Act européen, dont les premières obligations s’appliquent depuis septembre 2026, va pousser les fabricants à intégrer la sécurité dès la conception. Pour le parc déjà installé, en revanche, c’est aux exploitants et à leurs prestataires d’agir.

Vous ne savez pas ce qui, chez vous, est visible depuis Internet ? Nos équipes peuvent en dresser l’inventaire avec vous.

Vos équipements connectés sont-ils exposés ?

Caméras, alarmes, contrôle d’accès, téléphonie : nos experts repèrent les accès ouverts et sécurisent la télémaintenance de vos installations. Sans engagement.

Source : Informatique News – Supermarchés : l’attaque des frigos Danfoss expose l’angle mort de l’OT télémaintenue (13 octobre 2026)
Voir aussi : Public Sénat – Cyberattaque contre des frigos connectés de supermarchés : « Des systèmes de réfrigération exposés sur Internet », alertent des experts en cybersécurité (13 octobre 2026) ; Tom’s Guide – Cyberattaque des frigos de supermarchés : « Des appareils Danfoss exposés sont toujours en ligne » (14 octobre 2026)

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adminCyberattaque des frigos de supermarchés : ce que PME et communes doivent retenir

Fin de la 2G : Orange coupe son réseau le 20 octobre, les entreprises doivent agir

on octobre 14, 2026

Fin de la 2G : Orange coupe son réseau le 20 octobre, les entreprises doivent agir

Le 20 octobre 2026, Orange éteint la 2G dans les 43 derniers départements métropolitains encore couverts. SFR et Bouygues Telecom suivront avant la fin de l’année. Avec la fin de la 2G, le risque pour les entreprises et les communes ne vient pas des smartphones, mais des alarmes, des téléalarmes d’ascenseur et des terminaux qui communiquent encore sur ce réseau des années 1990.

Le compte à rebours touche à sa fin. Après une première vague dans neuf départements du Sud-Ouest entre mars et juin, puis Nice le 22 septembre, Orange a coupé la 2G dans 44 départements le 6 octobre. La bascule du 20 octobre achève l’opération, selon le calendrier publié par l’Arcep. Seules les zones blanches réglementaires conservent un signal, jusqu’à une coupure programmée entre le 1er et le 15 décembre.

Réseau de communication mobile : avec la fin de la 2G, les alarmes et téléalarmes encore reliées à ce réseau deviennent muettes

Fin de la 2G : le calendrier opérateur par opérateur

  • Orange : extinction quasi générale le 20 octobre, zones blanches entre le 1er et le 15 décembre 2026.
  • Free Mobile : sans réseau 2G en propre, ses abonnés dépendent du réseau d’Orange et suivent donc son calendrier.
  • SFR : arrêt prévu le 15 novembre 2026.
  • Bouygues Telecom : premières coupures le 15 novembre à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, puis extinction générale entre le 1er et le 15 décembre.

L’objectif des opérateurs est de récupérer les fréquences pour la 4G et la 5G. La 3G est la prochaine sur la liste : Orange et SFR annoncent son arrêt en 2028, Bouygues Telecom fin 2029. Free n’a pas encore communiqué de date.

Un parc d’appareils encore massif

Fin juin 2026, l’Arcep comptait encore environ 1,06 million de cartes SIM actives dans des téléphones uniquement compatibles 2G. Mais le vrai angle mort se trouve ailleurs : dans les machines qui communiquent seules, installées depuis des années et rarement remises à jour.

Ascenseurs : la téléalarme en première ligne

Sur un parc d’environ 650 000 ascenseurs, la Fédération des ascenseurs en recensait plus de 230 000 dont la téléalarme passait encore par la 2G. Ce dispositif, encadré par la norme EN 81-28, permet à une personne bloquée en cabine de joindre les secours. Une téléalarme muette, c’est un ascenseur qui ne remplit plus une exigence de sécurité essentielle.

Alarmes, téléassistance, TPE et objets connectés

  • Transmetteurs d’alarme et de télésurveillance, qui préviennent le centre de surveillance en cas d’intrusion ;
  • Téléassistance : selon l’Afrata, près de 200 000 des quelque 750 000 appareils installés en France reposent sur la 2G ou la 3G ;
  • Terminaux de paiement mobiles équipés d’une carte SIM ancienne génération ;
  • Interphones GSM et portails motorisés reliés au contrôle d’accès ;
  • Modules de télésuivi : chaufferies, compteurs, capteurs, traceurs de véhicules.

Le piège des téléphones 4G sans VoLTE

Un mobile 4G n’est pas forcément tiré d’affaire. S’il ne gère pas la VoLTE, la voix sur 4G, il bascule sur la 2G ou la 3G pour passer ses appels. Une fois ces réseaux éteints, il peut perdre la voix tout en gardant l’accès à Internet. Le réglage se vérifie dans les paramètres réseau du téléphone.

Fin de la 2G : les réflexes à adopter avant le 20 octobre

1. Dresser l’inventaire site par site

Listez tout ce qui contient une carte SIM : centrale d’alarme, ascenseur, TPE, gestion technique du bâtiment, boîtiers connectés. Le contrat de maintenance ou la fiche technique indique en général le réseau utilisé. Pour les alarmes et la vidéoprotection, l’installateur de vos solutions de sécurité doit pouvoir fournir ce relevé.

2. Exiger une réponse écrite des mainteneurs

Demandez à chaque prestataire quel réseau utilise l’équipement, quel module doit être remplacé, à quel coût et dans quel délai. Gardez une trace écrite : comme le souligne un cabinet d’avocats, une extinction annoncée des mois à l’avance pourra difficilement être invoquée comme un cas de force majeure en cas d’incident.

3. Migrer directement vers la 4G

Le remplacement passe le plus souvent par un transmetteur 4G ou un module LTE-M, la déclinaison de la 4G dédiée aux objets connectés. Évitez les solutions 3G de dépannage, condamnées à partir de 2028. Côté flotte, profitez-en pour basculer vos lignes sur des offres de téléphonie mobile compatibles VoLTE.

Conclusion

Après l’arrêt progressif du réseau téléphonique RTC, la fin de la 2G est une nouvelle extinction qui frappe les équipements professionnels. Elle concerne moins les téléphones que la sécurité des locaux, la disponibilité des ascenseurs et parfois l’encaissement. Et lors de la migration, pensez aussi à sécuriser la télémaintenance des nouveaux modules : la récente cyberattaque des frigos de supermarchés a montré ce que coûte un équipement connecté mal protégé.

Alarme, contrôle d’accès, téléphonie, terminaux connectés : vous ne savez pas ce qui tourne encore en 2G chez vous ? Nos équipes font le point avec vous.

Vos équipements sont-ils prêts pour la fin de la 2G ?

Nos experts identifient les équipements concernés et vous proposent une migration 4G adaptée, de l’alarme à la téléphonie. Sans engagement.

Source : Arcep – Calendrier d’extinction 2G par département d’Orange (2026)
Voir aussi : Selectra – Coupure de la 2G chez Orange et Free : votre département est-il visé dès le mois d’octobre ? (28 septembre 2026) ; Le Journal Toulousain – Téléphones, alarmes, ascenseurs… Orange coupe la 2G dans 7 départements d’Occitanie ce mardi (6 octobre 2026) ; Batirama – Fin de la 2G : la fédération des ascenseurs appelle à changer urgemment les téléalarmes (25 août 2025) ; Kohen Avocats – Fin de la 2G le 20 octobre 2026 : ascenseurs, alarmes et objets connectés (13 octobre 2026)

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