Fibre non raccordable : l’Arcep somme Orange et XpFibre de finir 722 zones
L’Arcep a rendu publiques le 19 octobre 2026 deux mises en demeure visant Orange et XpFibre, la filiale d’infrastructure de SFR. Dans 722 zones où le réseau aurait dû être achevé depuis des années, des dizaines de milliers de logements et de locaux professionnels restent en situation de fibre non raccordable. Les deux opérateurs ont jusqu’au 31 janvier 2027 pour se mettre en règle.
Les deux décisions, n° 2026-1342-RDPI et n° 2026-1343-RDPI, ont été adoptées le 21 juillet 2026 par la formation de règlement des différends, de poursuite et d’instruction (RDPI) du régulateur. Elles portent sur la complétude des réseaux FTTH (fibre jusqu’à l’abonné) en dehors des zones très denses. Le principe : une fois un secteur ouvert, l’opérateur d’infrastructure doit pouvoir raccorder tous les locaux qu’il dessert, sous deux à cinq ans selon le terrain. Orange concentre l’essentiel du dossier, avec 617 points de mutualisation, contre 105 pour XpFibre.

722 points de mutualisation, 45 000 locaux en attente
Le point de mutualisation (PM) est l’armoire de rue qui dessert un quartier. D’après le décompte publié par DegroupTest à partir des décisions, environ 39 000 locaux n’étaient pas raccordables sur les réseaux d’Orange au 1er mai 2026, et environ 6 000 sur ceux de XpFibre. Soit près de 45 000 locaux au total.
- Orange : des secteurs de Laon, Grasse, Narbonne ou Aix-en-Provence figurent dans les annexes, ainsi que des zones en outre-mer, selon Univers Freebox.
- XpFibre : Pontarlier, Agde ou Morlaix apparaissent dans la liste.
- Périmètre partiel : seuls certains secteurs de chaque commune sont visés.
Le contraste est net : au 30 juin 2026, 95,3 % des locaux étaient raccordables à la fibre selon l’Arcep, soit 43,1 millions de logements et de locaux professionnels.
Le « raccordable sur demande » dans le viseur de l’Arcep
Un statut censé rester l’exception
Un local peut être déclaré « raccordable sur demande » lorsque des travaux supplémentaires restent nécessaires une fois qu’un fournisseur d’accès a passé commande. Le délai normal est alors de six mois maximum, sauf justification, à compter de la demande de l’opérateur commercial. Selon DegroupTest, le régulateur reproche à Orange de ne pas avoir suffisamment justifié le recours à ce statut dans certains secteurs.
Des chantiers bloqués sur le terrain
Les causes de retard sont connues : fourreaux bouchés, poteaux à remplacer, génie civil, autorisations manquantes. Sur 34 PM d’Orange, relève DegroupTest, environ 3 600 locaux restaient non raccordables, hors statut sur demande, et seuls quelque 500 avaient été débloqués en quatre mois.
Une mise en demeure n’est pas encore une amende
Les opérateurs devront justifier de leur mise en conformité au plus tard le 1er mars 2027. Faute de quoi, l’Arcep pourra ouvrir une procédure de sanction, en tenant compte des difficultés exceptionnelles dûment justifiées. Le régulateur n’en est pas à son coup d’essai : en mai 2024, il avait déjà mis en demeure les deux mêmes acteurs pour environ 600 000 locaux, avec une échéance au 31 décembre 2025, rappelait alors Next.
Fibre non raccordable : ce que ça change pour les entreprises et les communes
Pour les entreprises
Une TPE ou une PME installée dans l’un de ces secteurs reste dépendante d’un accès cuivre (ADSL, SDSL) ou d’une box 4G, alors même qu’Orange avance dans la fermeture de son réseau historique. Le risque est double : un débit insuffisant pour la visioconférence ou un standard en VoIP, et des équipements encore branchés sur le cuivre (lignes analogiques, alarmes) à migrer dans l’urgence. Les élus réclament d’ailleurs de geler les coupures de l’ADSL tant que la fibre n’est pas là.
Pour les communes
Mairies annexes, écoles, ateliers techniques et zones d’activité peuvent se retrouver dans un secteur listé. Les annexes publiées par l’Arcep donnent aux collectivités un argument concret pour relancer l’opérateur d’infrastructure, au moment où le régulateur s’interroge aussi sur le financement de l’entretien des réseaux fibre en zone rurale.
Les réflexes à adopter d’ici au 31 janvier 2027
- Vérifiez le statut de chaque adresse : « en cours de déploiement » et « raccordable sur demande » n’appellent pas la même démarche. Un test d’éligibilité donne parfois la référence du PM, à comparer avec les annexes de l’Arcep.
- Passez commande : si le local est raccordable sur demande, c’est la demande du fournisseur d’accès qui fait courir le délai de six mois, pas la consultation d’une carte. Faites le point sur votre accès internet haut débit professionnel.
- Distinguez les problèmes : un raccordement final qui échoue chez un local déjà déclaré raccordable ne relève pas forcément de ces mises en demeure.
- Prévoyez un lien de secours : routeur 4G/5G ou solution d’accès nomade sécurisé pour tenir en attendant la fibre.
- Anticipez la téléphonie : basculez vos lignes vers une téléphonie fixe sur IP et faites auditer votre réseau d’entreprise avant l’arrêt du cuivre.
Conclusion
Avec ces mises en demeure, l’Arcep s’attaque aux derniers mètres d’un réseau qui couvre déjà 95 % des locaux. Pour les entreprises et les communes concernées, la fibre non raccordable n’est pas une fatalité, mais l’échéance de janvier 2027 ne garantit pas un raccordement immédiat. Vérifiez votre statut, passez commande au plus tôt et sécurisez votre connexion en attendant.
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Source : Arcep – Complétude des déploiements de la fibre optique (19 octobre 2026)
Voir aussi : Univers Freebox – Fibre optique : l’Arcep met en demeure Orange et SFR et leur donne 3 mois pour achever leurs déploiements dans plus de 700 zones (20 octobre 2026) ; DegroupTest – La fibre est dans votre quartier, mais pas chez vous ? Ce qui pourrait changer en 2027 (20 octobre 2026) ; Next – Fibre optique : l’Arcep met (encore) en demeure Orange et XpFibre (20 juin 2024)

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