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Couverture mobile SFR : l’Arcep exige 81 antennes en six mois

on octobre 21, 2026

Couverture mobile SFR : l’Arcep exige 81 antennes en six mois

L’Arcep a rendu publique le 19 octobre 2026 une mise en demeure visant la couverture mobile SFR : 81 sites prévus par le New Deal mobile ne sont toujours pas en service. L’opérateur dispose de six mois pour les allumer, dans des territoires où entreprises et mairies attendent un signal fiable.

La décision, adoptée par le régulateur le 12 février 2026 mais publiée seulement cette semaine, porte sur deux dispositifs distincts : 54 sites de « couverture ciblée », destinés à résorber des zones mal ou non couvertes, et 27 sites de « 4G fixe », qui doivent apporter un accès internet par box 4G là où le fixe reste insuffisant. Elle intervient à la veille de l’extinction de la 2G d’Orange dans 43 nouveaux départements, et en pleine recomposition du marché autour du rachat de SFR, sur lequel l’Arcep a publié le même jour une foire aux questions.

Antennes relais et réseaux de communication mobile, enjeu de la couverture mobile SFR dans les zones rurales

Ce que l’Arcep reproche à SFR

54 sites de couverture ciblée en retard

Le dispositif de couverture ciblée oblige les opérateurs à construire des antennes sur des zones désignées par arrêté, après recensement par les élus locaux. Selon la décision de l’Arcep, quatre arrêtés pris entre 2021 et 2023 totalisent 886 sites, dont 224 pour lesquels SFR s’est déclaré opérateur leader, c’est-à-dire chargé de construire le pylône. Les échéances s’étalaient de janvier 2024 à janvier 2025.

  • au 12 septembre 2025, 169 de ces sites étaient en service et 55 ne l’étaient pas ;
  • un site supplémentaire a été allumé fin septembre 2025, ramenant le reliquat à 54 ;
  • le calendrier transmis par SFR renvoyait une partie des mises en service à 2026, voire 2027, et évoquait l’abandon possible de certains emplacements.

27 sites « 4G fixe » toujours éteints

Pour la 4G fixe, un arrêté de février 2023 a attribué à SFR 50 zones, avec une échéance au 23 mars 2025. D’après l’Arcep, 27 sites n’étaient pas opérationnels en septembre 2025, aucun n’était en travaux, et seuls 9 disposaient d’un bail signé. SFR envisageait de demander l’abandon de 13 d’entre eux.

Couverture mobile SFR : des justifications jugées trop minces

L’opérateur a mis en avant les difficultés classiques du déploiement d’antennes en zone rurale : délais de raccordement électrique, blocages administratifs, oppositions de riverains ou de maires, terrains accidentés, contraintes d’urbanisme liées aux zones Natura 2000, aux parcs naturels régionaux ou à la loi Littoral.

Le régulateur ne conteste pas l’existence de ces obstacles, mais estime que SFR ne les a pas suffisamment documentés : historique incomplet des recherches de site et des négociations de bail, justificatifs partiels sur les travaux, pistes de remédiation peu détaillées. L’Arcep relève aussi que l’opérateur a mis en service 456 nouveaux sites mobiles en métropole au troisième trimestre 2025, signe selon elle que le délai de six mois est tenable.

À l’échéance, SFR devra prouver chaque mise en service dans les quinze jours. Si une commune met un emplacement à sa disposition, l’opérateur devra produire le procès-verbal signé et les autorisations d’urbanisme. Ce dossier s’ajoute à la récente mise en demeure sur les zones fibre non raccordables.

Ce que ça change pour les entreprises et les communes

Pour les entreprises en zone peu dense

Un site mobile qui n’existe pas, c’est un commercial injoignable, un artisan qui ne reçoit pas ses appels sur chantier ou un terminal de paiement qui décroche. Les sites concernés étant précisément ceux que l’État a jugés prioritaires, les entreprises installées dans ces zones restent privées du réseau promis, souvent sans alternative. La disparition progressive de la 2G accentue la pression : les équipements anciens qui s’y raccrochaient, comme certaines alarmes ou transmetteurs, doivent basculer vers la 4G, encore faut-il qu’elle soit disponible (lire notre article sur la fin de la 2G chez Orange).

Pour les mairies

Les communes sont parties prenantes du dispositif : ce sont elles qui remontent les besoins et, souvent, qui proposent un terrain. La décision leur donne un levier concret, puisque la mise à disposition d’un emplacement doit désormais être tracée par l’opérateur. Pour les sites 4G fixe, l’enjeu touche l’accès à internet des administrés et des petites entreprises qui n’ont ni fibre ni ADSL performant.

Les réflexes à adopter dès maintenant

  • Cartographier la couverture réelle de vos sites et des trajets de vos équipes, opérateur par opérateur, plutôt que de vous fier aux cartes commerciales.
  • Diversifier les opérateurs : une flotte de téléphonie mobile professionnelle répartie sur deux réseaux limite les zones blanches.
  • Sécuriser l’accès internet avec un lien de secours 4G/5G ou satellite en complément d’un accès internet haut débit fixe.
  • Équiper les équipes itinérantes de solutions d’accès nomade sécurisé et activer les appels Wi-Fi sur les mobiles.
  • Faire remonter les besoins à la mairie ou à l’équipe projet départementale si votre zone n’est couverte par aucun opérateur.

Conclusion

La mise en demeure ne crée pas d’antenne du jour au lendemain, mais elle fixe un calendrier opposable : d’ici six mois, les 81 sites devront fonctionner ou SFR devra démontrer qu’il a tout tenté. D’ici là, la couverture mobile SFR restera lacunaire dans les zones visées. Si votre activité dépend du réseau mobile, le plus sûr est de ne pas attendre : auditez votre couverture, prévoyez un lien de secours et faites évoluer votre téléphonie d’entreprise vers des solutions multi-opérateurs.

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Source : Arcep – New Deal mobile : publication d’une mise en demeure (19 octobre 2026)
Voir aussi : Univers Freebox – Couverture mobile : l’Arcep épingle SFR pour ses retards et le contraint à déployer 81 sites (20 octobre 2026) ; Arcep – Décision n° 2026-0317-RDPI du 12 février 2026

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