Réseau 5G Starlink : SpaceX choisit Qualcomm pour ses antennes terrestres
SpaceX a confié à Qualcomm l’équipement du futur réseau 5G Starlink au sol, aux États-Unis, avec un déploiement annoncé dès 2027. L’opérateur satellitaire veut désormais marier orbite basse et antennes terrestres. Une convergence qui intéresse aussi les entreprises et les communes françaises.
L’annonce est tombée le 4 novembre 2026, par un communiqué de Qualcomm diffusé à San Diego. Le fondeur américain fournira ses plateformes Dragonwing QRU100 et QDU100, ainsi que le logiciel de couche physique associé, pour les stations de base du réseau terrestre de Starlink Mobile. D’après RCR Wireless, le contrat est pluriannuel et porte sur des dizaines de milliers de sites à équiper sur la durée. Aucun montant ni calendrier détaillé par phase n’a été communiqué.

Un réseau 5G Starlink terrestre pour compléter les satellites
Le service direct-to-cell de Starlink, lancé en 2024, relie déjà des smartphones compatibles aux satellites pour des messages et, depuis, des appels. Mais la liaison passe mal à l’intérieur des bâtiments et reste sous-dimensionnée en ville, rappelle Next. D’où le besoin d’antennes au sol, en complément de la constellation.
Ce que fournit Qualcomm
- QRU100 : le traitement intégré des unités radio (RU), côté antenne ;
- QDU100 : le traitement de couche 1 des unités distribuées (DU), sensible à la latence ;
- des radios Massive MIMO 64T64R, soit 64 voies d’émission et 64 de réception, pour gagner en capacité et en couverture.
Côté Starlink, Michael Nicolls, vice-président de l’activité, présente le projet comme le premier réseau national entièrement intégré, satellite et terrestre. Qualcomm, par la voix de Durga Malladi, insiste sur la performance par watt de chaque site et évoque, à terme, une base pour la 6G.
Des fréquences achetées à prix fort
Selon Next, SpaceX a payé l’an dernier 17 milliards de dollars à EchoStar pour des fréquences dans la bande des 2 GHz, puis signé début octobre 2026 un accord de 8 milliards pour des basses fréquences autour de 800 MHz. Ces dernières portent loin et traversent mieux les murs. Elles conviennent donc à un réseau qui doit couvrir large.
Les opérateurs historiques ferment la porte
Ce virage vers le sol répond aussi à un blocage commercial. D’après Next, AT&T, Verizon et T-Mobile ont tous refusé d’ouvrir leurs réseaux à SpaceX. Le Washington Post évoque des discussions avec EchoStar autour de Boost Mobile, et RCR Wireless cite des échanges avec des gestionnaires de pylônes pour accéder à au moins 80 000 sites.
Le calendrier divise. Elon Musk affirme pouvoir bâtir ce réseau en deux à trois ans. Le patron de Verizon, Dan Schulman, table sur quatre à six ans au minimum et une facture de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les analystes interrogés par RCR Wireless jugent que la couverture restera le principal défi, et que le Massive MIMO n’augmente pas les débits crête.
En Europe, la bataille du satellite-mobile se joue sur 2029
Le projet reste américain. Mais il éclaire le débat européen. Le 19 octobre 2026, Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone ont signé une lettre d’intention pour étudier une candidature commune aux fréquences mobiles par satellite, rapporte JeChange. Nous avions déjà évoqué l’enjeu de souveraineté avec le programme européen IRIS² porté par Eutelsat.
- La bande visée est celle des 2 GHz, dont les droits actuels (Viasat et EchoStar) expirent en mai 2027, avec une prolongation possible de deux ans.
- La Commission européenne a proposé le 27 mai 2026 de la découper en trois tiers, dont une part pour les usages publics et une part réservée aux acteurs européens.
- La nouvelle attribution n’est pas attendue avant 2029.
En clair, le smartphone relié directement au satellite ne sera pas une solution de connectivité professionnelle en France avant plusieurs années. Starlink Mobile reste lui-même absent du marché français, comme le montrait son lancement au Brésil.
Zones blanches et sites isolés : les réflexes à adopter
Pour les entreprises et les collectivités, le message est double : la convergence satellite-terrestre arrive, mais elle ne remplace pas une architecture réseau bien pensée aujourd’hui. Selon l’Arcep, 4 354 sites du programme zones blanches sur 5 246 étaient en service au 30 juin 2026. Il reste donc des trous à combler.
Sécuriser l’accès principal
- Vérifiez l’éligibilité de chaque site à la fibre et à une offre dédiée, via une solution d’internet très haut débit professionnel.
- Prévoyez un lien de secours sur une autre technologie : 4G/5G, ou satellite fixe pour les sites isolés.
- Faites superviser la bascule automatique au sein de vos réseaux d’entreprise.
Penser mobilité et équipes terrain
- Cartographiez les zones mal couvertes où travaillent vos agents ou techniciens.
- Choisissez une flotte de téléphonie mobile adaptée, avec un opérateur pertinent pour vos territoires.
- Sécurisez les connexions distantes grâce à un accès nomade sécurisé.
Conclusion
Avec Qualcomm, SpaceX passe de la promesse à l’industrialisation d’un réseau 5G Starlink hybride, satellite et terrestre, au moins aux États-Unis. En Europe, le calendrier réglementaire repousse cette convergence vers 2029. D’ici là, la connectivité de vos sites repose sur des choix concrets : fibre quand elle est disponible, lien de secours, couverture mobile vérifiée. Faites le point dès maintenant pour ne pas dépendre d’un seul réseau.
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Source : Next – SpaceX s’allie à Qualcomm pour bâtir le réseau 5G terrestre de Starlink Mobile (5 novembre 2026)
Voir aussi : RCR Wireless – SpaceX taps Qualcomm for Starlink Mobile 5G network buildout (4 novembre 2026) ; Next – SpaceX cherche un moyen rapide de devenir opérateur mobile aux États-Unis (3 novembre 2026) ; JeChange – Orange et 3 géants européens visent ensemble les fréquences satellite (19 octobre 2026)

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