Locaux sans fibre : 2,1 millions de logements et bureaux toujours en attente
Selon l’observatoire de l’Arcep, 2,1 millions de locaux sans fibre restaient à rendre raccordables en France au 30 juin 2026. Pour environ 225 000 d’entre eux, aucun déploiement n’est même planifié, alors que la fermeture du réseau cuivre progresse commune par commune.
Le chiffre figure dans l’observatoire du haut et très haut débit du deuxième trimestre 2026, publié le 10 septembre par le régulateur des télécoms, et a été détaillé le 3 novembre par le comparateur JeChange. Il représente 4,7 % des locaux recensés, un périmètre qui inclut à la fois les logements et les locaux professionnels, c’est-à-dire les établissements comptant au moins un salarié selon l’Insee. En face, 43,1 millions de locaux sont désormais couverts en FTTH (fibre jusqu’à l’abonné), dont 275 000 ajoutés au cours du seul deuxième trimestre.

Locaux sans fibre : ce que recouvrent les 4,7 %
L’Arcep ne se contente pas d’un total. Elle ventile le reste à faire selon l’état d’avancement de chaque local, ce qui permet de distinguer les retards techniques des véritables angles morts.
Des chantiers encore en cours
- 1,4 % des locaux sont en phase d’étude : le réseau est conçu, mais le chantier n’a pas démarré ;
- 0,6 % sont en construction et 0,6 % en cours de déploiement ;
- 0,3 % sont « raccordables sur demande », et 0,1 % le seront une fois le réseau achevé.
Les blocages et les zones oubliées
- 1,1 % sont bloqués par un refus de tiers : propriétaire, syndic de copropriété ou gestionnaire refusant l’accès ou la pose d’équipements, soit environ un local en attente sur quatre d’après le calcul de JeChange ;
- 0,5 %, soit environ 225 000 locaux, n’ont aucun déploiement planifié. Il s’agit souvent, selon JeChange, de sites isolés en bout de chemin ou en hameau.
Un rythme de déploiement qui ralentit en zone publique
Les données de l’Arcep montrent un essoufflement là où le travail restant est le plus coûteux. Dans les zones d’initiative publique, celles des réseaux portés par les collectivités (RIP), 143 000 locaux ont été rendus raccordables au deuxième trimestre 2026, contre 279 000 un an plus tôt. Ces zones totalisent 16,8 millions de locaux raccordables, dont 7,5 millions en communes rurales et 2,1 millions en communes de montagne.
Côté usages, la bascule est presque achevée : 28,1 millions d’abonnements passent par la fibre, soit 85 % des accès internet fixes. Les abonnements DSL sur cuivre tombent à environ 2,6 millions, en recul d’environ 360 000 sur le trimestre d’après les tableaux du régulateur.
Ce que ça change pour les entreprises et les communes
Le raccordement sur demande, un délai à anticiper
Pour les locaux classés « raccordables sur demande », le boîtier de rue (PBO, point de branchement optique) n’est posé qu’à la première commande d’un opérateur. L’Arcep indique que ce délai ne devrait pas dépasser six mois. Une PME qui déménage ou ouvre une agence dans ce type de zone doit donc intégrer ce délai à son calendrier, au même titre que la mise en service de sa téléphonie fixe sur IP.
La fin du cuivre ne laisse pas de marge
Le calendrier de fermeture du réseau cuivre d’Orange avance en deux temps : fermeture commerciale, puis fermeture technique de toutes les lignes. Comme l’a montré le cas de la fin du cuivre dans l’Orne, les entreprises encore en ADSL dans une zone non fibrée doivent prévoir une alternative avant la coupure. JeChange rappelle que le cadre fixé par l’Arcep impose une solution très haut débit effective (fibre, satellite ou box 4G/5G fixe) avant l’arrêt du cuivre.
Les collectivités en première ligne
Les refus de tiers et les sites isolés relèvent souvent du terrain local. Les mairies et intercommunalités ont un rôle de médiation auprès des syndics et des propriétaires, et un intérêt direct à fibrer leurs propres bâtiments, à l’image de la mutualisation des sites publics en Haute-Garonne.
Réflexes : que faire si vos locaux ne sont pas fibrés
- Vérifiez l’adresse sur l’outil « Ma connexion internet » de l’Arcep : il indique l’état du réseau et la date de fermeture du cuivre prévue ;
- Identifiez le blocage : en copropriété ou en zone d’activité, un refus de tiers se lève parfois par une simple démarche auprès du gestionnaire ;
- Prévoyez un lien de secours : box 4G/5G ou internet par satellite permettent de maintenir l’activité en attendant la fibre ;
- Regardez au-delà du FTTH : pour un site stratégique, une fibre dédiée et un réseau d’entreprise bien dimensionné offrent des garanties de rétablissement que l’offre grand public n’a pas ;
- Équipez les équipes mobiles d’un accès nomade sécurisé pour limiter la dépendance au site.
FAQ : locaux sans fibre
Combien de locaux sont encore sans fibre en France ?
Selon l’observatoire de l’Arcep publié le 10 septembre 2026, 2,1 millions de locaux restaient à rendre raccordables au 30 juin 2026, soit 4,7 % des locaux recensés, logements et locaux professionnels confondus.
Que signifie « raccordable sur demande » pour une entreprise ?
Le boîtier de rue (PBO) n’est installé qu’à la première commande d’un opérateur. D’après l’Arcep, ce délai ne devrait pas dépasser six mois : il faut donc l’anticiper avant un déménagement ou une ouverture d’agence.
Que faire si le raccordement de mes locaux est bloqué par un refus ?
Les refus de tiers (propriétaire, syndic, gestionnaire) représentent 1,1 % des locaux selon l’Arcep. Ils sont parfois temporaires : une démarche auprès du gestionnaire de l’immeuble ou de la zone d’activité peut suffire à débloquer la situation.
Quelle connexion utiliser en attendant la fibre ?
Une box 4G/5G ou l’internet par satellite permettent de maintenir l’activité en attendant le raccordement. Pour un usage professionnel, mieux vaut dimensionner une solution d’accès internet adaptée avec un lien de secours.
La fin du cuivre peut-elle couper des locaux encore non fibrés ?
La fermeture du réseau cuivre d’Orange se fait commune par commune, en deux étapes. JeChange rappelle que le cadre de l’Arcep impose une alternative très haut débit avant l’arrêt du cuivre, mais il reste prudent de vérifier sa date de fermeture et de suivre le chantier de dépose des câbles cuivre d’Orange.
Conclusion
Avec 85 % des abonnés internet déjà passés à la fibre, la France entre dans la phase la plus difficile du chantier : les derniers 4,7 % de locaux sans fibre concentrent les refus, les sites isolés et les zones où le déploiement ralentit. Pour une entreprise ou une commune concernée, attendre n’est pas une stratégie : vérifiez votre situation, anticipez la fin du cuivre et prévoyez une connexion de transition adaptée à vos usages.
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Source : JeChange – 1 logement sur 200 n’a aucune fibre planifiée : le détail des 2,1 millions de locaux encore privés de fibre (3 novembre 2026)
Voir aussi : Arcep – Observatoire haut et très haut débit : abonnements et déploiements, T2 2026 (10 septembre 2026)

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