Facturation électronique : 79 % des entreprises raccordées, le reste doit accélérer
Deux mois après le coup d’envoi, la facturation électronique a franchi un premier cap : près de huit entreprises déclarant la TVA sur dix ont choisi leur plateforme agréée. Plus d’une sur cinq reste pourtant hors circuit, alors que la tolérance administrative s’arrête fin 2026.
Le dernier point d’étape est tombé vendredi 23 octobre 2026. La Direction régionale des finances publiques (DRFIP) de La Réunion y évoque un démarrage réussi et publie au passage les chiffres nationaux : 46 % des entreprises assujetties à la TVA ont rejoint une plateforme agréée, un taux qui grimpe à 79 % parmi celles qui déposent effectivement des déclarations de TVA. Selon la même source, 146 plateformes agréées sont désormais proposées aux entreprises. Début octobre, le ministère de l’Action et des Comptes publics affichait encore 75 % : la courbe progresse, mais lentement.

Un premier bilan chiffré de la réforme
Le premier comité de suivi, réuni le 8 octobre sous l’égide du ministre David Amiel, avait livré des ordres de grandeur inédits. Au 4 octobre, d’après le communiqué ministériel repris par TPE Actu :
- plus de 20 millions de factures avaient transité par le nouveau circuit depuis le 1er septembre ;
- elles représentaient plus de 70 milliards d’euros de montants facturés ;
- environ un quart des entreprises déclarant la TVA n’avaient désigné aucune plateforme de réception.
Un deuxième comité de suivi est annoncé d’ici fin décembre 2026. Le ministère ne publie en revanche ni taux de satisfaction ni répartition des difficultés selon la taille des entreprises.
Calendrier : la réception d’abord, l’émission en 2027
Depuis le 1er septembre 2026
Toutes les entreprises assujetties doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée, microentrepreneurs compris. Les grandes entreprises et les ETI doivent en plus les émettre et transmettre leurs données d’e-reporting (ventes aux particuliers, opérations internationales).
Au 1er septembre 2027
Les PME, TPE et microentreprises basculeront à leur tour sur l’émission. Le délai accordé ne concerne donc que l’envoi : la réception est déjà obligatoire pour tous. Un PDF envoyé par e-mail n’est pas une facture électronique au sens de la réforme : le document doit contenir des données structurées lisibles par machine et passer par une plateforme agréée.
Sanctions : la tolérance prend fin avec 2026
Le gouvernement a indiqué qu’aucune sanction ne serait appliquée avant la fin de l’année, sans pour autant décaler les dates légales. Le Code général des impôts prévoit ensuite une amende de 50 euros par facture non conforme, plafonnée à 15 000 euros par année civile (article 1737). Côté client, le droit à déduction de la TVA dépend de la régularité des factures : un document hors circuit peut donc fragiliser une déduction.
Les difficultés remontées lors du premier comité sont surtout pratiques : tarifs des plateformes peu lisibles, connexion laborieuse avec les logiciels existants, adaptation des procédures internes dans les petites structures, et statuts de factures mal transmis d’une plateforme à l’autre, ce qui freine l’automatisation.
Facturation électronique : les réflexes à adopter
Pour les PME comme pour les communes qui travaillent avec des fournisseurs privés, la réforme touche autant l’outillage que l’organisation. Quelques priorités :
- Désignez votre plateforme de réception si ce n’est pas fait, en vérifiant ce que proposent déjà votre logiciel comptable, votre banque ou votre expert-comptable.
- Comparez les coûts réels : abonnement, volume de factures, connecteurs et archivage.
- Numérisez vos flux papier : un parc d’imprimantes et scanners multifonctions bien paramétré facilite la transition vers la dématérialisation documentaire.
- Sécurisez les accès : les identifiants de plateforme deviennent des cibles, comme le rappelait notre article sur les fuites de données et identifiants volés. Une politique de sécurité informatique adaptée (MFA, sauvegardes) s’impose.
- Protégez vos équipements d’impression, souvent oubliés alors qu’ils traitent des documents comptables : voir notre analyse sur la sécurité des imprimantes multifonctions.
- Anticipez l’émission de 2027 : renouveler des postes vieillissants via le leasing informatique ou automatiser le traitement des factures avec des agents IA se planifie dès maintenant.
Conclusion
Le premier bilan de la facturation électronique confirme que la machine fonctionne, mais pas encore pour tout le monde. Avec la fin de la période de tolérance au 31 décembre et l’obligation d’émission en septembre 2027, les entreprises encore hésitantes ont intérêt à agir maintenant : choisissez votre plateforme, fiabilisez vos équipements et sécurisez vos accès avant que les amendes ne s’appliquent.
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Source : Imaz Press – Facturation électronique : « un démarrage réussi à La Réunion », selon les Finances publiques (23 octobre 2026)
Voir aussi : TPE Actu – Facturation électronique : le premier bilan d’octobre 2026 (10 octobre 2026)
Voir aussi : Kohen Avocats – Facture électronique obligatoire depuis le 1er septembre 2026 : amendes et mise en conformité (24 octobre 2026)

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